vendredi 22 septembre 2017

Liberté de travail.



Le Strict Maximum approfondit ses recherches sur la céramiste Barbara Delfosse. Au fil de ses lectures, il collecte photos et informations et au fil de ses rencontres, sa collection.



Cette grosse boîte ikebana ( 26.5 cm de diamètre, 8.5 cm de hauteur ) est la plus imposante pièce de Barbara que nous ayons croisé jusqu'alors. Les formes découpées sur le couvercle ne sont pas sans rappeler un petit ikebana carré que nous vous avions déjà montré il y a quelques mois (ici)




Pour l'accompagner, un vide poche d'une belle taille également (22.5 x 21 cm) partiellement émaillé en noir et guilloché.







En ce qui concerne les informations, voici une photo intéressante prise lors du premier salon Atelier d'art auquel Pierre Digan à participé en 1967.



Du Digan à gogo pour la table : pichets, soupières, vinaigriers, mazagrans, coquetiers, bouteilles... ET des pièces de Barbara Delfosse par-ci par-là !


Une lampe

Une boîte ikebana. Les pièces autour aussi probablement

Un vase


Se cachent d'autres plats, vases et boîtes mais on ne va pas jouer à "Où est Barbara?" toute la soirée.
La présence des pièces modelées de l'artiste sur ce salon n'a rien d'étonnant puisque -rappelons-le- Barbara Delfosse et Pierre Digan furent mariés.

D'autres pièces apparaissent dans différents ouvrages, notamment cette chic photo avec un vase des années 80 mis en scène sur une assise paillée.


D'autres vases et un plat, toujours de la même période.



Nous terminerons de manière simple, comme l'étaient les créations de Barbara Delfosse et comme elle semblait l'être elle aussi au travers de ses dires :
Voir sortir toutes ces bricoles du four, toutes roses, ça me réjouit beaucoup. J'aime aussi cette liberté de travail, mais je ne pense jamais à mon métier comme une chose en soi, comme une "vocation", comme un tout ; une partie de ma vie, sans plus, une partie de ma 
vie qui peut me faire vivre matériellement ; et j'estime que de pouvoir vivre matériellement d'un métier aussi plaisant est une motivation suffisante pour le pratiquer.


Tout est dit.


Four à gaz et à bois de Barbara Delfosse.



samedi 16 septembre 2017

Où étiez-vous en peignant cette toile?





Tel le phénix, la Galerie Prisme renait de ses cendres. Anciennement les Modernistes, l'espace situé 3 avenue du Père Lachaise (Paris, XXe) change de nom, d'agencement et de ligne directive. Ses propriétaires s'axent dorénavant sur la peinture, la sculpture et la céramique. Programme n'étant pas sans ravir le Strict Maximum.




Pour sa réouverture, Prisme met en lumière le peintre Parisien Guy Perron, décédé cette année. Abstraction, paysage brumeux, ciel d'automne, heure bleue. Tout est calme, paisible. Tout ce que notre monde n'est plus se retrouve dans la peinture de l'artiste : un univers apaisant et rassurant.


Peintures de Guy Perron, Masques de Solange Garotte.


En contraste avec la douceur des toiles de Guy Perron, le relief de la généreuse, intrigante et poétique céramique Bornoise. Avec de nombreuses sculptures et vases de Solange Garotte : ses masques, roses, falaises, labyrinthes. Mais aussi des oeuvres de Lucien Petit, Françoise Quiney, Pierre Jaggi, Elisabeth Joulia, Jean et Jacqueline Lerat, Gustave Tiffoche... Bornoise mais aussi Parisienne avec Andrée et Michel Hirlet qui étaient quant à eux, aussi présents en chair et en os.


Andrée et Michel Hirlet.

Sculpture d'Andrée et Michel Hirlet

Vases sculpturaux de Solange Garotte.

Peinture de Guy Perron puis de gauche à droite : Andrée et Michel Hirlet, Lucien Petit et Fabienne Claesen.

 Peinture abstraite de Guy Perron


Le Strict Maximum vous invite donc à aller faire un plongeon dans les toiles de Guy Perron, toucher les Hirlet (leurs sculptures du moins!), Solange Garotte et les autres. Galerie Prisme du 15 septembre au 15 octobre 2017.



mercredi 13 septembre 2017

Posez vos valises...à Serris.

... donc pas loin de chez nous!

De prime abord on peut penser à la vente d'anciens locaux d'un quelconque Crédit Agricole ou d'un ancien centre des finances publiques...mais non, il s'agit bien d'une villa.

 Bah oui, regardez donc l'escalier. 

Si l'extérieur est déroutant, l'intérieur est épatant! Peut être encore plus d'ailleurs avec ce contraste dehors/dedans.
Cette chose vous offre 440m2 repartis sur 3 niveaux, assez pour nous recevoir dignement et en toute simplicité.



La répartition des pièces vous permettra de passer du confort du grand salon-séjour et bureau avec sa cheminée centrale à la cuisine aménagée pour nous préparer un petit quelque chose par exemple, que nous prendrons sur la terrasse ensoleillée. 


Après cette agréable collation, nous pourrons terminer la soirée dans vos espaces plus intimes constitués de 6 chambres et pourquoi pas dans la suite parentale comprenant une grande salle de bain, ainsi qu'un dressing exceptionnel où vous aurez rangé nos affaires.





Nous nous retrouverons au petit matin pour quelques brasses dans votre piscine-sauna de 12 mètres de long avec jets d'eau et nage à contre-courant, et ce sera parfait.


Vous aurez compris qu'au Strict Maximum nous serions enchantés de vous compter parmi nos proches voisins, alors assez!!! N'hésitez plus, faites nous plaisir!
Pour une visite, un compromis, c'est par ici.

mardi 22 août 2017

Verticalité.



Cela fait un petit moment que le Strict Maximum admire le travail de Claudine Monchaussé. Lors de nos nombreux passages à La Borne, la rencontre ne s'est jamais faite. N'apparaissant pas dans la liste des céramistes distribuée au Centre Céramique Contemporaine, l'artiste ne cherche pas vraiment à attirer les touristes dans son atelier. Nul besoin : ses oeuvres partent comme des petits pains au défournement.

Pour la rencontrer ce n'est pourtant pas compliqué, il suffit de lever le nez, son nom est inscrit sur la façade de sa maison. Comme l'artiste est actuellement visible au Musée Vassil Ivanoff à l'occasion de l'exposition "Les pionnières de La Borne", elle nous confie qu'elle voit défiler de nouvelles têtes chez elle. Pas étonnant, puisque les regards tombent sur cette superbe série.

Exposition "Les pionnières de La Borne" au Musée Vassil Ivanoff.

Cette exposition -comme son nom l'indique- réunie les pionnières de La Borne. Ou plutôt les principales mais surtout celles figurant dans la collection de Pierre Maréchal et Jean-Pierre Fontaine, collectionneurs passionnés à l'origine de cet événement. Jacqueline Lerat, Elisabeth Joulia, Solange Garotte, Barbara Delfosse, Nadia Pasquer (pour ne citer que nos chouchoutes) et... Claudine Monchaussé.


Claudine Monchaussé dans son atelier.


Claudine Monchaussé est née en 1936. 
Elle connait La Borne, le travaille d'Elisabeth Joulia, Pierre Mestre, Yves Mohy et des Lerat par le biais de galeries parisiennes. Mauchaussé est attirée par le grès et décide de s'installer dans le petit village en 1959 avec l'envie d'apprendre car elle le sait, il est fait pour elle. Tout était à découvrir, à expérimenter, elle ne le quittera jamais.




Claudine Monchaussé a toujours créé des totems. Vierge de toute formation, c'est dans l'atelier de Pierre Mestre -dont elle deviendra la femme- qu'elle va s'initier au travail de la terre.
En 1963, elle expose à la Galerie des Jeunes à Paris. Elle se consacre par la suite à l'éducation de ses trois enfants et il faudra attendre dix ans pour qu'elle expose de nouveau dans la capitale.



Atelier de Claudine Monchaussé.


L'atelier de Claudine Monchaussé est à l'image de ses totems : mystique. S'y côtoient ses créations de toutes époques qu'elle garde jalousement avec elle comme on garde ses souvenirs. Bois et os, branches, cailloux, outils, mues d'insectes, totems de bois et de cartons... tout un monde, le sien.






La céramiste réalise la plupart de ses pièces à l'échelle de la main pour être saisies comme des outils. Pas d'utilitaire, uniquement du sculptural. Chacun y verra ce qu'il y voudra. Esotérique, phallique, animale, ancestrale... Claudine Monchaussé dit simplement qu'elle modèle une image qu'elle porte en elle depuis l'enfance et qui la relirait aux autres.


Le Monchaussé du Strict Maximum côtoyant une toupie de Bernard Thimonnier.


Claudine Monchaussé a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives en France comme à l'étranger. Elle figure dans la collection du Musée National de Sèvres depuis 2005 et notons cette très belle couverture de La revue de la céramique et du verre datant de 2006. Couverture mais aussi article et photos de la collection de Thierry Leproust.






vendredi 18 août 2017

Jolie Joulia.



Le Strict Maximum ne sait pas s'il doit ou non vous présenter Elisabeth Joulia tant elle est connue et reconnue des amateurs de la Borne... Mais si jamais parmi vous se cache une personne qui ne la connait pas, faisons en sorte -vite fait bien fait- que ce ne soit plus le cas.


Née en 1925, Elisabeth Joulia entre aux Beaux-Arts de Clermont-Ferrand à la fin de la guerre. Ses années de formation la conduisent à Paris où elle étudie la peinture, la sculpture et la fresque.



C'est au contact de Jean Lerat alors professeur aux Beaux-Arts de Bourges qu'elle s'initie à la céramique.
En 1949, Joulia débarque à La Borne, berceau ancestral de la poterie traditionnelle en grès, dont elle va activement participer au renouveau.



Durant trente ans, la céramiste transforme le grès, matière austère et brute qui semblait irrémédiablement confinée aux traditions populaires en formes organiques et sensuelles.



Si nous nous décidons ce soir au SM d'aborder le sujet Joulia c'est que nous sommes retombés sur une superbe série de photos réalisées par le couple Joly/Cardot en 1958 dans l'atelier de la céramiste.




Simplicité, rigueur, beauté, talent, un cocktail parfait qu'on vous laisse savourer.  




Joulia -qui écrivait beaucoup au quotidien et dont certains poèmes ont été publiés- nous dressait la liste des ses "j'aime/j'aime pas". Ce qui nous laisse apercevoir la femme derrière la cruche.

"J'aime le citron, l'océan, les chênes, le jour en plein midi, les hêtres, les bouleaux, le pommier du Japon, le soleil, les lucioles, l'or l'argent, les asphodèles, les roses trémières, les pavots au milieu du potager, les potirons qui envahissent les allées, les cerises sauvages, les fraises des bois, les chats, les framboises, les cailloux, les chameaux, le désert, les ânes, les lacs. Voler en avion, le brouillard, les chats noirs, les chats roux, les fennecs et les caméléons, les amis quand ils ne sont pas en groupe.
Elohim (l'homme d'en haut), l'humour, les histoires et les paraboles, les nouvelles pour leur concision. L'or jaune, l'or blanc, les tâches de rousseurs, les enfants qui disent "non" aux adultes, la tendresse, l'amitié, les pins maritimes, la musique classique, les chants sardes, corses ou siciliens. Les pépins de pommes, le parfum du mimosa, du thym, les aigles et les papillons, soigner, masser, l'odeur de la peau au soleil et les cailloux, les cailloux encore les cailloux"

Allez, un petit café et je passe aux "j'aime pas"


"Je n'aime pas le vert, les réunions à plus de cinq, le rock et les drogues. Le plastique, les chiens qui aboient, les gens qui sifflent, qui rotent, ceux qui tiennent les animaux en laisse, les femmes parfumées et les hommes qui aussi sentent la guimauve.
Les chaussures à talons, les ongles rouges, le patchouli, les sapins, les thuyas, les autos, les motos, le bruit.
Je n'aime pas nager, l'eau froide, le froid, l'humidité (ndlr rappelons qu'elle vit à La Borne) la télé, les parents avec leurs enfants, les touristes, les gens gras, les hommes à bedaine en short l'été et même sans short, les petits adultes, les couleurs fluo, les femmes à gros cul dans les shorts, les menteurs, les radins les timbres poste avec Marianne, les uniformes, Adam (l'homme d'en bas) des mots comme "super" "expo" les diminutifs, les violents et les mous, les modes, les couleurs gueulardes en céramiques"

Pas commode vous avez dit?